Concept inventé et formalisé par les Canadiens Mathis Wackernagel et William Rees au début des années 1990, l'empreinte écologique vise à traduire l'impact des activités humaines sur les écosystèmes. Plus précisément, elle quantifie la surface bioproductive nécessaire pour subvenir aux besoins d’un individu ou d’une population, fournir les éléments requis à leur activité, et absorber leur pollution. Elle se mesure d’ailleurs en surface : hectares par individu, ou équivalent planète ou hectares consommés par une ville ou un pays pour répondre à ses besoins, par exemple.
L’empreinte écologique peut aussi être utilisée pour calculer l’impact des activités de production : on saura ainsi ce qu’il en coûte du point de vue environnemental avec une exploitation agricole donnée, l’extraction d’or d’un pays, ou la fabrication de voitures, de matériels informatiques…
Le résultat d'un calcul d'empreinte écologique peut être comparé à un relevé bancaire qui nous indiquerait si l’on se trouve dans une position de débiteur ou de créditeur au regard de l’utilisation des ressources naturelles : on compare pour cela la demande humaine en ressources naturelles (ou empreinte écologique) à l'offre, ou capacité des écosystèmes à fournir ces ressources dans la limite de leur taux de régénération (ou biocapacité).
SOLDE ECOLOGIQUE = BIOCAPACITE - EMPREINTE ECOLOGIQUE
Cliquez sur l'image pour l'agrandir
L'humanité ne vit plus aujourd’hui des intérêts de la nature mais attaque son capital. La capacité régénératrice de la terre n’arrive plus à suivre la demande : l’homme transforme les ressources en déchets, plus vite que la nature ne peut transformer ces déchets en ressources. Nous sommes comme un ménage qui hypothèquerait son logement, un bûcheron qui exploiterait sa forêt au-dela de sa capacité de régénération, ou une entreprise qui puiserait dans son capital pour faire face à ses dépenses.
En effet depuis 1985, l’empreinte écologique de l’humanité dépasse la biocapacité globale de la planète. Cet écart entre l’offre et la demande n’a fait depuis lors que s’accentuer pour atteindre aujourd’hui un excédent de 25 %.
Elle est en moyenne de 5,2 hectares globaux. Cela veut dire que si tout le monde adoptait le mode de vie d’un Français il faudrait à l’humanité l’équivalent de 3 planètes pour subvenir à ses besoins. L’empreinte écologique de la France a progressé de 47% en 40 ans alors que sa population n’a augmenté que de 27 %. Cet écart confirme que c’est bien notre mode de vie qui fait croître notre empreinte. En France le déficit est compensé en partie par l’importation de produits, donc par l’achat de biocapacité étrangère. La part non couverte du déficit est le résultat de la surexploitation des ressources écologiques.
Si tout le monde adoptait le mode de vie d’un états-unien, il faudrait à l’humanité l’équivalent de 5 planètes pour subvenir à nos besoins, un éthiopien consomme quant à lui l’équivalent d’un ¼ de la planète.
Cliquer sur l'image pour l'agrandir